Textes bibliques:

– Esaïe 2/2 à 5 (arbitre)

– Esaïe 40/27 à 31 (endurance)

– Philippiens 3/12 à 16 (but)

Le récit de Paul à Phillippiens dit : « Je cours vers le but. ». S’il fallait un texte de circonstance, alors que la grande fête  du ballon rond se termine cette après-midi, France-Croatie,, c’est bien celui-ci !

« Je cours vers le but. » Tous les joueurs de foot, professionnels ou amateurs, vous le diront : pour bien courir vers le but, il importe d’être correctement équipé.Il faut donc ceci (crampons) Vous pouvez très bien jouer en baskets, en tongs ou pieds nus. Mais vous risquez de glisser et de vous casser la figure. Rien ne vaut donc les crampons, pour de bons démarrages, pour « crocher » au terrain en courant, rattraper l’adversaire et lui prendre le ballon (si possible). Il paraît que suivant la météo ou l’état du terrain, on utilisera des crampons différents. Des souliers avec crampons en plastique dur, plutôt pour terrain sec, et parfois des souliers à crampons ferrés, pour des terrain très humide. En plus des crampons,  vous ajouterez : des protèges tibia, un maillot et des cuissettes. Voilà qui semble important. Enfin, à quoi servirait tout cet équipement s’il manquait ceci : (le ballon.) Un ballon qu’il s’agit, bien entendu, de loger dans les filets de l’adversaire.

« Je cours vers le but. » L’apôtre Paul ne connaissait bien entendu pas le football. Mais ses propos, dans l’epitre aux Philippiens, s’inspiraient de la course à pied, une activité physique très populaire à l’époque. Et cette parabole sportive, nous aidera ce matin

– à réfléchir à notre démarche spirituelle chrétienne.

– et à méditer sur sa motivation et son but.

D’emblée, il faut avouer qu’il y a une sacrée différence entre la comparaison de l’apôtre Paul …et la mienne, celle du marathon …ou du foot. Une différence, car avec la course à pied, Paul décrit l’effort individuel, personnel, de l’athlète. Seulil s’entraîne, seulil court, sue et souffre, seulil gagne ou il perd. Quant à moi, je me réfère à un sport d’équipe, à l’effort collectifdes joueurs.  Ensembleon s’entraîne, ensembleon court, sue et souffre. Ensembleon gagne ou on perd. Voilà donc une différence en Paul et moi.        

C’est pour ça que nous avons aussi lu ce matin des récits d’Esaie, qui eux, ont cette perspective d’équipe, perspective communautaire, comprise encore plus largement puisqu’il s’agit des nations. C’est une perspective de réconciliation mutuelle. Une perspective dans laquelle Dieu est décrit comme…et là vous me voyez sourire au terme !  Dieu est décrit comme « l’arbitre pour tous les peuples.»

Voici donc deux sports, deux livres bibliques, deux approches : l’une individuelle, l’autre communautaire. Deux approches qui se complètent. Deux approches nécessaires, à tel point que je crois …que partout dans la Bible, quand il est dit « nous », il faut aussi entendre « je ». Et quand il est dit « je », il faut aussi entendre « nous ».

Après ces considération de base, écoutez l’affirmation centrale de Paul qui dit : « Jésus-Christ m’a déjà saisi. » c’est un rappel fondamental. Nous n’aurions aucune raison de nous retrouver, si nous ne partagions pas cette conviction.

« Jésus-Christ m’a déjà saisi. »C’est l’origine et motivation de toute démarche spirituelle chrétienne, individuelle ou communautaire.

« Jésus-Christ m’a déjà saisi. » Avant que je puisse croire, avant même que je puisse faire l’expérience de la foi, Jésus était là. C’est par lui que j’ai été et que je suis mis en route sur le chemin de la foi.

« Jésus-Christ m’a déjà saisi. »J’ai été choisi et reconnu par quelqu’un. Le « grand entraîneur » qui est là-haut a fait sa sélection et m’a choisi. Il connaît mes limites et m’en rend conscient : Paul dit lui-m : « Je ne prétends pas que j’aie déjà atteint le but ou que je sois déjà devenu parfait. » Mais le grand entraineur me fait confiance. Il me motive à faire ma part dans le jeu de l’équipe. Il m’invite à ne plus me sentir lourd du poids des échecs passés, à ne pas les ressasser : Paul dit : « j’oublie ce qui est derrière moi et m’efforce d’atteindre ce qui est devant moi. »

Ce texte est vraiment parfaitement lié au foot : Pour un footballeur, l’occasion ratée est d’autant plus décevante qu’elle paraissait facile et limpide. Vous imaginez la rage du joueur Chakiri lorsqu’il loupe un but. Vous imaginez la déception des pasteurs vaudois lorsqu’ils perdent face aux curé valaisans, dans les matchs amicaux. Mais toujours, simple pasteur ou joueur de foot renommé, il faut repartir de l’avant et oublier ce qui est derrière soi! Pourtant, ce n’est qu’un jeu de ballon. Alors si une simple déception d’un jeu de ballon peut toucher, qu’en sera-t-il d’événements beaucoup plus conséquents de nos vies? Oublier ce qui est derrière soi: c’est l’intention, c’est la ferme déclaration de Paul. Mais y est-il arrivé ? D’ailleurs, y arrive-t-on jamais ?

Conscience de la fragilité humaine …et souvenir des échecs …font partie de la démarche. Fatigue et découragement aussi… Démarche chrétienne qui ne se réduit pas aux seuls efforts de l’être humain croyant, comme pourraient le laisser entendre les propos de Paul.

Et c’est là que les paroles d’Esaïe viennent soutenir l’édifice,

Ancien et nouveau testament se complètent: De Dieu, il est dit : « Il redonne des forces à celui qui faiblit, il remplit de vigueur celui qui n’en peut plus. Les jeunes eux-mêmes connaissent la défaillance ; même les champions trébuchent parfois. Mais ceux qui comptent sur le Seigneur reçoivent des forces nouvelles. » Alors, la vie chrétienne est une course : ce rappel pour me dire qu’avec la foi, je suis toujours en mouvement, en évolution, en changement. La foi est dynamique et non statique. elle ne se conçoit pas en termes de stabilité, mais d’ouverture, de continuité, de recherche. « Je cours vers le but afin de gagner le prix que Dieu, par Jésus-Christ, nous appelle à recevoir là-haut. »Bref, celui qui a donné l’impulsion du départ nous attend aussi à l’arrivée. Celui qui nous lance, nous laisse aussi entrevoir un objectif.

 

En conclusion, je vous ai apporté des souliers et un ballon, mais cela ne suffit pas pour faire du foot, ou pour mener une vie chrétienne, :

– Pour le foot, il faut surtout trouver 22 joueurs prêts à engager la partie.

– Pour la vie chrétienne, il faut surtout trouver une communauté, des hommes et des femmes de bonne volontés.

Ces quelques paroles bibliques, en lien avec un sport érigé au rang mondial, et en lien avec la foi, qui est un sport bien plus que mondial, puisqu’il touche la terre… et le ciel.

Amen.

Didier Heller