Prédication sur Jean 10 verset 9, du culte du 29 janvier 2017 à Aigle

 

 

Jean 10 verset 9 : La porte, c’est moi. Celui qui entre en passant par moi sera sauvé. Il pourra entrer et sortir et il trouvera de la nourriture.

 

J’ai appris au contact des personnes en déficience intellectuel que le message de l’évangile était à leur portée sans qu’il en devienne simpliste. Il faut en effet écouter avec son intériorité et non seulement avec sa tête. C’est pour cela qu’il est important de se mettre en disposition d’écoute intérieure là où le St Esprit nous rejoint.

 

Vous n’avez entendu qu’un verset, ce qui simplifie l’écoute. Je me permets de vous le mettre en évidence par quelques objets en tenant compte du contexte car Jésus parle du berger et de ses moutons. Le verset entendu déborde en fait déjà de cette comparaison.

Je vous montre ce que cela donne concrètement? Voici une boîte sans ouverture dans lequel je mets des moutons. On voit bien ce qu’apporte une porte : les moutons ont accès à ce qu’ils ont besoin, pâturage et eau. Ceux qui ne passent pas par la porte ne peuvent pas apporter ce qu’une porte permet : la liberté d’entrer et de sortir.

 

Immédiatement, nous percevons ce qu’indique Jésus avec cette image : être enfermé sans avoir accès à des ressources est juste terrifiant. Il s’agit bien d’être sauvé de ces enfermements que chacun peut repérer dans sa vie. Jésus a la prétention de venir ouvrir une porte de liberté dans ce qui nous maintient prisonnier : habitudes de vies, peurs variés, amertume, tristesse … A vous d’y mettre ce qui a du sens pour vous.

 

Cependant, je voulais attirer votre attention sur des enfermements qui ressemblent à des divisions intérieurs : deux attitudes opposées se juxtaposent en s’ignorant l’une l’autre. Une porte permet à ces contradictions de se rencontrer et de laisser passage à la vie qui s’enlise trop souvent dans ces conflits internes. On peut parler là de salut car aller et venir entre ces deux oppositions nous permet de rétablir une unité intérieure en passant par la voie du pardon et de la réconciliation. Jésus donne accès aux ressources et ouvre à la liberté de mouvement : plus rien n’est figé. Le thème du dimanche missionnaire me permet d’aborder ces enfermements à la dimension plus communautaire.

En effet, il y a division dans la demeure quand on aborde la mission et l’évangélisation. La mission a marqué de façon complexe les églises : apporter la bonne nouvelle aux extrémités de la terre apparaît aujourd’hui comme s’être mêlé souvent mal à des nations qui aujourd’hui frappent à nos portes. L’évangélisation qui était centrale dans l’histoire débutante de l’église et dont on trouve beaucoup de traces dans les récits bibliques a un goût de témoin de Jéhova frappant à nos portes ou nous fait penser à l’excessivité des grands convaincus dont on veut se distancer. Ces tensions touchent jusqu’à nos relations à l’étranger où on oscille entre deux éléments contradictoires et impossible, on est d’accord avec l’UDC et on s’en sent coupable : cela amène le vote honteux car teinté de culpabilité. On vibre à consolider une Suisse chrétienne tout en se sentant incapable de faire face au discours critique et bien souvent justifié sur le christianisme. Parfois, je me demande si le rapport entre les paroisses et leur organe de mission n’est pas de cet ordre-là. Il est nourri à coup de campagne et d’obligation. Et secrètement, on préfère soutenir tant d’autres choses.

Si on écoutait la voix de Jésus qui ne condamne pas (ce qui équivaut à construire un mur plutôt), qui ne moralise pas, mais qui est une porte allant vers la liberté d’aller et venir, l’évangélisation deviendrait goût du partage au-delà de toute menace, la mission deviendrait lieu d’échange dans notre façon de vivre la foi au-delà de toute peur et les lieux verrouillés où s’essouffle la vie deviendraient espaces ouverts.

 

Lecture de Jean 10 versets 7 à 10.

Alors Jésus ajoute : « Oui, je vous le dis, c’est la vérité : la porte pour les moutons, c’est moi.

Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits. Mais les moutons ne les ont pas écoutés.

La porte, c’est moi. Celui qui entre en passant par moi sera sauvé. Il pourra entrer et sortir et il trouvera de la nourriture.

Le voleur vient seulement pour voler, tuer et détruire. Moi, je suis venu pour que les gens aient la vie, et pour que cette vie soit abondante.

Pasteur FLorence Lutz