PREDICATION DU DIMANCHE 3 JUIN 2018  par le pasteur Serge Paccaud, du service communautaire Présence et Solidarités

Je vous invite à utiliser la première face du papier qu’on vous a remis pour tout au long de ce message , des témoignages  vous n’hésitiez pas à noter un mot, une réaction, une pensée, sentiment qui vous habite ou qui qui vous traverse, qui vous touche.

 46Nathanaël en parlant de Jésus dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois.

Jésus est très clairement victime d’un préjugé… Qu’est ce qui peut venir de bon de Nazareth ,  un préjugé global, général  sur ces gens de Nazareth? La réponse de Philippe  est précieuse « viens voir, vérifie »… Et la rencontre avec Jésus qui engage la relation transforme le point de vue de Nathanaël et sa vie entière.

En écho à ce texte

Extraits du témoignages de Hana de Syrie

 « Je suis Kurde de Syrie, je viens de la région Jazira au nord du pays, près de la Turquie…

« Comme nous sommes Kurdes, pendant longtemps nous n’étions pas reconnus comme citoyens syriens, nous n’avions pas de passeports ….  le fait d’avoir  un permis F (admission provisoire) en Suisse, ça me rappelle ma condition en Syrie. On ne fait pas vraiment partie du pays, c’est difficile ! »

Nous avons du quitter la Syrie. Le voyage jusqu’en Suisse a duré un mois ».

« Nous sommes d’abord arrivés à pied en Turquie, Ensuite nous sommes allés à Istanbul et nous sommes montés dans une camionnette jusqu’en Grèce. Là, on a traversé une petite rivière dans un bateau pneumatique. Quand on a débarqué, on était dans la forêt et il y avait des moustiques, je me suis fait piquer partout ! »

« La police nous attendait quand on est descendus du bateau. On a quand même pu continuer jusqu’à Athènes On a est ensuite montés dans un camion… on était caché au milieu de cartons de marchandise, je ne sais pas ce que c’était. C’était pénible, j’étais enceinte. J’avais peur. »

« J’étais contente d’arriver en Suisse. Après le foyer de Bex, on a déménagé à Payerne, on est restés là-bas 2 ans. C’était assez difficile de vivre là-bas, c’est une petite ville et les gens n’aimaient pas beaucoup les femmes voilées. Quelquefois ils faisaient des commentaires pas très gentils. A Aigle ce n’est pas du tout comme ça, je n’ai jamais eu de problèmes !

On voit bien Les conséquences pour Hana de la question des préjugés.  A Payerne elle est la femme voilé et jugée à partir de là, elle aurait pu être vue comme une femme courageuse qui a dû fuir son pays au milieu des cartons , enceinte ! A Aigle c’est différent et tant mieux ! c’est notre rôle de faire que ça soit différent !

Un préjugé est un jugement, une opinion hâtive sur quelqu’un ou quelque chose formée d’avance à partir de notre éducation, de la famille et de l’entourage ou de nos impressions, d’un cas particulierque nous généralisons.Le préjugé arrive bien souvent dans nos têtes de manière très spontanée…

Nous sommes tous effectivement imprégnés de multiple préjugés, depuis notre tendre enfance, souvent ravivé au cours de notre existence par tel ou tel événement qui nous prouve « qu’on a bien raison ! » D’une certaine manière nos préjugés sont fait partie intégrante de la construction de notre personnalité …

Préjugés sur les femmes, les hommes, les étrangers, les jeunes … selon leur comportement, leurs activités, leur travail, leur formation, leurs amis ou amies, leur culture, leur origine, leur poids, leur âge, leur statut social, leur voiture, leur logement.

Notre attitude, notre réaction n’est pas la même si nous croisons, une dame âgée, un jeune au blouson noir et chaîne, une femme en talon aiguille, un homme au costard cravate, une mendiante assise au sol, une femme voilée, seule ou accompagnée d’un homme d’origine arabe … Nos pensées seront encore différentes suivant où la scène se passe, à quelle heure, imaginez un lieu sombre et la rencontre avec un groupe de jeunes de toutes les couleurs, parlant une langue que vous ne comprenez pas. Imaginez la rencontre avec un noir handicapé, homosexuel petit et gros au coin d’une rue, dans la nuit et dans un quartier de mauvaise réputation !  Qu’est ce qui se passe dans notre tête spontanément et bien souvent hors de notre contrôle ! Il est temps que notre cerveau et notre âme, notre coeur reprenne le contrôle !!!

Pour notre part avec le travail que nous faisons à la Planchette avec des personnes de toutes origines, la question du préjugé et des généralisations est omniprésente. Rien que de dire « la Planchette » produit toute une série de préjugés et de jugement bien établis ! Et parler de notre travail avec  des réfugiés, des étrangers, des sans-papiers, des musulmans  produit bien des réactions très tranchée … On peut pas accueillir tout le monde, ils veulent pas travailler, pas s’intégrer et plein de jugement qui tendent à prouver qu’ils sont bien moins bien que nous, que leurs intentions ne sont pas claires, juste venu pour prendre notre travail et notre argent. Des généralités auxquels il n’est pas possible de répondre en deux mots … Des généralités qui enferment !

L’autre n’est considéré qu’à travers son appartenance à une communauté, un groupe, un quartier, une ville, un pays, son sexe, sa couleur, sa religion. Et on oublie la personne, celle qui est voulue et aimée de Dieu, la personne unique et irremplaçable. Celà nous empêche d’aller à l’essentiel, à la rencontre de cet étranger que Jésus nous invite à accueillir. Jésus est cet étranger et il serait bien dommage de le rater !!!

 Et si avec mes préjugés je passais à côté de Jésus. Ça vaut la peine de les dépasser !

Dans ma peau !

Dans le cadre de la fête des Couleurs, nous avons à cœur de lutter contre l’exclusion. Nous constatons que seule une vraie rencontre entre les personnes permet d’évoluer et de nous éloigner de nos idées toutes faites. Ainsi nous proposons cette année à la Fête des Couleurs, le projet « Dans ma peau – invitation à la rencontre ». Pour ce projet, des femmes admirables nous ont livré leur témoignage émouvant.Des témoignages pour aller plus loin.

Je tiens à vous les lire ce matin ;

Témoignage d’Amina

Amina mous emmène avec elle, son parcours, elle nous apprend à écouter avant de juger. Elle nous invite à une vraie transformation intérieure.

Elle et toutes ces personnes rencontrées depuis dix huit ans nous ont tellement appris en nous confrontons à nos préjugés…. Elle musulmane, voilée nous permet larencontre avec Jésus.

Jésus est cet étranger que nous accueillons !

©Serge Paccaud