Vendredi 14 décembre 2018

Une rosée vivifiante (Esaïe 26,7-21)


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Nos espérances sont souvent perméabilisées par notre volonté de revanche, piètre forme de justice qui demande pour les autres ce que nous avons dû souffrir de leur part. Les textes bibliques font fréquemment recours à cette lyrique revendicative. La bouche qui remercie pour la paix est la même qui demande le feu sur les autres. On fermerait volontiers la porte « jusqu’à ce que la colère demandée sur les autres » passe. Entre la haine de ceux qui soufflent le chaud et le froid et l’angoisse de ceux qui n’arrivent parfois même pas à respirer à cause de leur écrasement, la brise de Dieu semble difficile à trouver : perdre l’espoir serait-il l’issue logique ? La vie triomphe. La vie que Dieu fait revenir sur la terre. Malgré la déception revancharde et nos désirs de renversement et punition, l’Esprit de Dieu agit. Avec une discrétion qui, dans les obscurités, « redonne le jour aux ombres ». Avec la douceur de l’Esprit qui marche sur la pointe de pieds dans la nuit humaine, pendant que nos yeux sont fermés, pour ouvrir nos cœurs. Ce ne sont pas les vents désenchaînés de nos exigences de rétribution belligérante face au mal : c’est la vie qui est proposée à ceux qui sont dans les obscurités de la mort. « Car ta rosée est une rosée vivifiante » (v. 19). La nuit fut obscure et sans lune ? Dieu descend sur le jardin humain, comme une rosée vivifiante. Il ne faudra pas brûler le jardin : Dieu vient, dans notre nuit, comme une rosée vivifiante. Cela nous fait vivre. Et revivre.

Pedro E.Carrasco

Prière: Que je ne ferme pas la porte derrière moi, Seigneur, juste parce que mes sens fatigués n’entendent plus la grâce de ta rosée se poser tendrement sur l’herbe triste de la terre humaine. Que dans un monde d’ombre, la fraîcheur de ton Esprit me réveille. Pour que quelque chose de toi brille en moi. Pour que quelque chose de moi brille dans toute nuit. Comme une rosée vivifiante.  

Référence biblique : Esaïe 26, 7 - 21

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