Textes bibliques: Exode 20.1ss, Deutéronome 6.1-9

Sources: La fermeture à l’amour, Lytta Baset, L. et Fides

Dans nos églises, et moi le 1er, nous prêchons volontiers sur « l’ouverture à l’amour »,

« l’ouverture à l’amour », comme valeur chrétienne fondamentale, comme un chemin de foi à la suite du Christ.

Aujourd’hui pourtant je vous parlerai de la « fermeture à l’amour », comme un chemin de foi encore plus important.

Ca vous étonne? Pourquoi? Avec Lytta Basset, professeur de théologie je pense que si la fermeture à l’amour

met ma foi chrétienne en faillite, et qu’elle défie les valeurs qui me portent, pourtant la reconnaissance de ma fermeture à l’amour,

est un postulat de base important, sur le chemin qui mène au Christ. Calvin, avec ses mots,  parlait déjà de « se reconnaître pêcheur »,cette reconnaissance que je ne suis pas meilleur que les autres, que je ne suis qu’un cailloux parmi les cailloux, et cela rejoints mon postulat de base pour ce dimanche. On peut remarquer également que dans notre confession de foi la plus ancienne,

le symbole des apôtres nulle part il n’est fait mention de l’affirmation suivante « je crois que je suis aimé de Dieu »

Pourtant  c’est sous entendu à chaque ligne: on devrait lire: Par amour, le Père tout puissant créa les cieux et la terre,

on devrait lire: Par amour, le Christ souffre et meurt à nos côtés, mais étonnamment, ce n’est pas écrit comme cela,

cet amour n’est pas aussi explicite. Alors, n’aurions-nous pas besoin de croire à l’amour pour confesser notre foi?

Question intéressante et très impertinente à la fois! Un pt apparté, dans un tout autre registre : Vous connaissez surement notre hymne romand « c’est si simple d’aimer, de sourire à la vie »? Je pense que cette affirmation existe, précisément parce que ce n’est pas si simple d’aimer, l’amour, n’est pas aussi naturel que de marcher  ou parler.

Chez les auteurs bibliques, c’est pareil, ils parlent longuement de l’agapé, l’amour,justement parce que ce n’est pas si simple à atteindre, ce n’est pas si simple d’aimer ce n’est pas si naturel.

Alors pourquoi l’être humain se ferme-t-il à l’amour, pourquoi est-il si souvent replié sur lui-même ? Dans un 1er temps, nous allons nous plonger dans un réalisme biblique qui ne parle pas d’amour ! comme si cette notion d’amour était idéologique, ou inatteignable. Quelle est cette leçon de réalisme, terre à terre, de la Bible? Dans les dix commandements,

il n’est pas question d’aimer son père et sa mère mais il est dit: « honore ton père et ta mère afin que tes jours se prolongent »

Pour être plus précis, le premier sens du verbe « kavad », honorer, c’est: « donner du poids ». Ainsi « honore ton père et ta mère »,

c’est plutôt: donne du poids, donne de l’importance à ces deux être tels qu’ils sont, dans leurs ombres et leurs lumières réelles,

et non seulement selon ton idéal d’amour. En tes parents, discernes-y les traces de l’amour, mais aussi les blessures d’amour. Batis ta vie sur cette réalité là, accepte qu’ils constituent les fondation de ta maison, de ton existence, même si à l’adolescence, tu se rend compte que tes parents ne sont pas parfait.

La Bible poursuit: il faut donner du poid à tes parents « pour que tes jours se prolongent sur la terre que Dieu te donne ».

Donc si l’amour ne se commande pas, le poids, et le respect concret de ces deux êtres, père et mère, peut grandir

et donner une assise et du poids à la propre vie de l’enfant. Un autre texte de l’AT pourtant parle de l’amour,

mais sans l’idéaliser. C’est le fameux shema Israel, « écoute Israel, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force. » Là encore, on n’idéalise pas l’amour, car ce commandement est au futur: Tu aimeras, tu te tourneras vers l’amour de Dieu, tu aspireras à l’amour, vers qqc qui n’est jamais définitivement acquis

***

Ainsi, là encore, l’amour n’est pas un amour idéologique, mais un amour toujours devant, toujours à construire.

Une fois posée cette affirmation que l’amour n’est pas si simple, que l’amour n’est jamais acquis, que l’amour est toujours devant,

découvrons en quoi la justification par la grâce ou comme je le dis, la justification par l’amour, est si novatrice.

Aujourd’hui, pour rendre à Dieu ce qui est à Dieu, j’affirme… que nous devons passer de la justification par la foi  à la justification par l’amour.

La justification par la foi, découverte par Paul, et redécouverte par les Réformateurs, était la découverte que nous sommes sauvé

non par ce que nous faisons, nos oeuvres, mais par ce que nous croyons, notre foi. Mais aujourd’hui, on a tendance à faire de la foi une nouvelle oeuvre, on a tendance à faire dépendre l’amour de Dieu, de notre foi, de notre connaissance, de notre prière, de nos coches à venir au culte (comme je le disais il y qqes semaines) et cela fait de la foi une oeuvre moderne.

Pourtant  l’intuition forte de la Réforme demeure: la visite du Dieu amour ne dépend ni de nos expériences, ni de nos connaissance sur la foi, mais elle arrive toujours comme un surplus. Elle n’est pas le fruit de nos effort intellectuels, de nos efforts relationnel,

ni même de nos effort spirituels. Mais l’amour de Dieu est à recevoir comme un don. Et c’est lui qui nous sauve, non pas nous-même, et nos efforts. Ainsi, si Paul parlait de la justification par la foi et par la grâce de Dieu, aujourd’hui, pour rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et éviter les travers, je veux parler de justification par l’amour, l’amour de Dieu, Ainsi, l’amour de Dieu,

dans mes aspirations est toujours à rechercher au futur, car il ne m’appartient pas, mais l’amour de Dieu est aussi à recevoir au présent, …et comme …un présent, un don de Dieu au fond de moi, un don de Dieu qui m’habite toujours, même si ma fermeture à l’amour le voile temporairement. Voici donc redécouverte, et redite autrement : la grâce de Dieu, proclamée au début de chaque culte.

Ainsi  je conclu avec mon postulat de base: il est possible, d’être fermé à l’amour, pour sentir à quel point l’amour véritable est hors d’atteinte, il est possible, d’être fermé à l’amour, pour comprendre que l’amour véritable n’est pas un sentiment, mais qu’il est en Dieu même, et que Dieu nous offre cet amour véritable. Alors cherchez le Royaume et l’amour de Dieu, et Dieu vous donnera tout le reste en plus. 

Soli Deo gloria

Soli Deo amor

Amen