Prédication du 25 septembre 2016

Présence de Dieu

Psaume 139.1-12
Actes 17.22-28
Luc 24.28-29

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Dernièrement, nous avons vécu en Conseil paroissial une journée
entière de réflexion devant aboutir à ce qui fait le sens de notre
foi et de notre paroisse. Cela me permet de me prononcer
ce dimanche sur ce qui pour moi est le centre de ma foi, et du
christianisme. Nous autres chrétiens, nous devrions être par
dessus tout et avant tout, les hommes et les femmes d’une
présence.Les hommes et les femmes de ces mots que nous
venons d’entendre sur Jésus: « Il entra pour rester avec eux« .
Nous devrions être, nous les chrétiens, des hommes et des femmes
dans lesquels Christ est entré pour rester avec nous. Ces mots ne
sont pas des mots faits pour rester dans les Bibles, et pour faire
allusion à un évènement lointain! « Il entra pour rester avec eux »,
ces mots sont pour nous, ces mots arrivent jusqu’à nous, ils sont
faits pour nous, et ils disent ce qui se passe maintenant, ce qu’est
le projet de Dieu, et que ce projet, c’est d’entrer pour rester avec
nous. Le chrétien …doit être …l’homme ou la femme …qui reçoit
une présence, l’homme ou la femme envahi par la présence de
Dieu.

La Bible est absolument traversée par cette réalité
d’un Dieu proche de nous: Les trois textes lus dans la Bible
l’attestent: Paul, nous l’avons entendu rappeler aux Athéniens que
Dieu n’est loin d’aucun d’entre nous. Et puis le Psaume 139,
disait: que Dieu nous connait depuis toujours, « qu’il sait quand
jem’assied, et quand je me lève. Avant qu’un seul mot soit sur mes
lèvres, déjà, il sait ce que je vais dire. Que tu me connaisse à ce
point, c’est une chose proprement incroyable. »

Comme chrétien, on ne nous demande pas, si les choses sont
croyables ou pas, on nous demande de les vivre. Et…quand Jésus
est au milieu de la foule, cette expression revient tout au long de
l’évangile: cette expression qui dit de lui: « connaissant leurs
pensées ». Le Christ aussi lisait en chacun de nous comme un
livre ouvert, et quand on nous dit que Dieu est là dans le secret
de chacune de nos chambres, c’est une chose incroyable, et
pourtant c’est la réalité: Dieu est présent, et il nous connaît.

Maintenant, permettez-moi un bref détour:
Il y a un mot qui a fait fortune et qui date seulement d’une
centaine d’année à peine. C’est le mot « écologie ». Ca vient
d’ailleurs d’un mot grec qui veut dire « la maison. »Eh bien si
l’écologie étudie le milieu naturel dans lequel nous sommes
placés et qui nous conditionne, il devrait aussi y avoir un
écologie chrétienne, nous devrions avoir constamment présent à
l’esprit l’écologie chrétienne, qui est la relation que nous
entretenons avec le milieu qui conditionne notre vie. Non
seulement avec le milieu naturel, mais aussi avec le milieu
spirituel, qui est la présence de Dieu au plus intime de nous-même
comme partout ailleurs dans le monde. Il devrait exister
une écologie chrétienne, l’écologie de notre milieu
spirituel...Dieu est là dans cette église, il est présent dans les
enfants qui jouent au parc, il est présent dans la maison d’à côté,
dans les gens qui viennent au caveau, il est présent …partout.
Dieu, il faudrait …comme l’air, comme l’eau, ..il faudrait le vivre,
le respirer, le voir à chaque instant…il est notre air, notre
respiration…et bien plus encore. Dieu nous connait depuis toujours,
il nous connait dès le sein de notre mère,
Dieu est en chaque instant présent dans notre vie,
il est notre écologie, notre milieu de vie!
Dieu et nous, nous sommes faits pour nous pénétrer
mutuellement.

Dieu et nous, sommes faits pour devenir en quelque sorte une
unique présence, une unique communion: Et Jésus le dit plus
intensément encore en disant: »j’entrerai chez lui, et je mangerai
avec lui et lui avec moi  » Quand Jésus entre dans l’auberge
d’Emmaus pour rester avec les disciples, ce n’est pas pour faire
causette, ni pour boire un bon verre, c’est réellement pour que ce
ne soit plus moi qui vive, mais Christ qui vit en moi, qui m’habite
des pieds à a tête. Seulement attention, ce n’est pas non plus
une fusion, notre vie n’est pas simplement une obéissance,
ce n’est pas simplement un ordre reçu,ou un ordre exécuté,
mais c’est plutôt quelque chose de l’ordre d’une
partition jouée à deux.

Et je terminerai là dessus: Imaginez-vous une page de Rimsky
Korsakof, le vol du bourdon: voilà, il y a la musique, il y a les
notes sur les portées, vous avez cette page devant vous, et tout à
coup, toutes les notes dégringolent de leur portée, et se
retrouvent en bas de la page. On peut les prendre dans la main et
charge à nous de les remettre à leur place, de remettre chaque
note à sa bonne place, sur la bonne portée. Attention, pas
n’importe comment. Sinon cela risque de donner une sorte de
cacophonie. Mais replacer chaque note de telle sorte qu’on
retrouve la musique de Rimsky Korsakov. Eh bien pour réussir
cela, il ne faut pas connaitre la musique, il faut connaitre Rimsky
Korsakov. Il faut être à ce point pénétré du compositeur qu’on
sache d’instinct où il a mis lui, la note qu’on doit remettre à sa
place et reconstituer ainsi la mélodie telle qu’elle doit être,
pour que plus tard, la trompette de Maurice André, puisse
l’interpréter.

Voilà, c’est comme cela que nous pouvons essayer: que chacune
de nos paroles, chacun de nos actes, chacune de nos attitudes,
naissent de la présence de Dieu en nous, de telle sorte que cela
soit chacune comme une note ajoutée à la mélodie que Dieu a
inventée et qui s’en va jusque dans l’éternité, et au diapason de
laquelle nous pouvons nous trouver dès maintenant.

Ma conclusion:
la Bible n’est pas une littérature à étudier,
mais c’est la présence de Dieu à accueillir. Jésus dit lui-même:  »
Je suis à la porte de ta vie et je frappe.
Si tu entends ma voix et si tu ouvres la porte, alors j’entrerai
chez toi, et je mangerai avec toi » Amen
pasteur: Didier Heller